Quelle littérature en Bretagne ?11 mars 2009

Le salon du livre s’ouvre vendredi 13 mars à Paris, Porte de Versailles. La Bretagne présentera un stand (Hall 1, T68) à la hauteur de son dynamisme éditorial : chaque année 1500 titres sont publiés par 195 maisons d’éditions et ce, dans tous les domaines : littérature, essais, beaux livres, livres de marine, policier, bande dessinée, sciences humaines, sciences économiques, etc.

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Profitons de cette actualité pour évoquer ensemble le patrimoine littéraire de la Bretagne, tant en français qu’en breton. Il est bien évidemment impossible de lister les noms des auteurs qui se comptent par centaines.

Du côté des œuvres en langue française, on se doit toutefois de citer le romantique considérable qu’est Chateaubriand, dont la tombe à Saint-Malo regarde la Manche. Un autre grand écrivain d’origine bretonne ancienne, mais venu d’outre-mer vient de faire parler de lui, JMG Le Clezio, tout récemment honoré du prix Nobel de littérature. Il vit et travaille en partie en Bretagne. N’oublions pas non Jules Verne, né à Nantes.

Il faut également citer Louis Guilloux l’auteur du “Sang noir” l’un des grands romans du XXème siècle, Henri Queffelec, René-Guy Cadou, le grand poète Guillevic et son “Terraqué“…

Parmi les vivants, outre la romancière à succès Irène Frain, beaucoup d’autres noms sont à relever : Philippe Le Guillou, Yann ApperryTanguy Viel, le breton d’adoption Olivier Adam, Christophe Honoré pour la littérature jeunesse…

Du côté des œuvres en breton, il faut bien sûr rappeler la figure incontournable de Per-Jakez Helias et son “Marc’h al lorc’h” / “cheval d’orgueil”.

Citons également Jean-Pierre Calloc’h (tué en 1917 par un obus près de Saint-Quentin), Anjela Duval, Youenn Gwernig, Yann-Ber Piriou ainsi que le grand poète et dramaturge Paol Keineg.

  • Quelle est la spécificité de la littérature en Bretagne ?
  • Quelles sont, selon vous, les caractéristiques des écrivains bretons de langue française ou bretonnes ?
  • Y a-t-il une « touche » bretonne pour la littérature ? Voyez-vous des passerelles entre un Chateaubriand et un Le Clézio ? Entre un Paol Keineg et un Tanguy Viel ?
Photos : Paol Keineg (à gauche, source remue.net) ; Tanguy Viel (à droite, source ambafrance)

Commentaires


  1. Tal dit :

    Vaste et passionant sujet !

    Un conseil de lecture : “La langue muette : Littérature bretonne de langue française”, Marc Gontard
    Il étudit plus particulièrement :
    Gilbert Dupé
    Roparz Hémon
    Paul Guimard
    Tristan Corbière
    Yves Elléouët
    Paol Keineg
    Xavier Grall
    Âel Warok
    Guillevic
    Victor Segalen

    Dans les écrivains du XXème siècle, il ne faut pas oublier Alain Robbe-Grillet ni Max Jacob (Morvan Le Gaélique)

    En breton, le Barzaz Breiz de Hersart de la Villemarqué, oeuvre fondatrice du XIX ième siècle.

    Au Moyen Age, il y a l’immense “matière de Bretagne”, de Tristan et Iseult à Arthur et les chevaliers de la Table ronde.

    Egalement , un écrivain “ligérien”, Julien Gracq, qui s’il n’est pas Breton a été très marqué par la Bretagne, autant réelle qu’imaginaire.
    Son premier roman s’appelle, par exemple, Au chateau d’Argol, et il est situé en Bretagne, Argol étant un nom de Bretagne (bien réel).

  2. Bern Morel dit :

    Diversité de langage, diversité d’expression : la culture bretonne foisonne. D’une certaine façon, on pourrait même avancer qu’elle est tellement prolixe que sa diversité, sa densité, le bonheur qu’elle procure suffisent souvent à contenter les plus avides et contribuent de fait à éviter de l’inscrire dans une perspective politique ethnique. Comment s’en plaindre ? Comment ne pas voir au contraire le signe qu’une manifestation identitaire peut s’affranchir, à force de culture, des schémas étroits du nationalisme ordinaire ? Comment nier que l’obstination des Bretons à faire de leurs expressions mêlées le territoire primordial de leur singularité autant que de leur ouverture au monde constitue bel et bien une autre façon de faire de la politique ? Le breton renforce, revitalise en permanence sa singularité par les multiples déviations, les multiples détours, les multiples emprunts - durables ou éphémères - réalisés sur d’autres territoires que le monde connu et balisé de son propre terreau. L’exception culturelle, pour reprendre une expression que nos dirigeants seraient bien avisés de ne pas limiter à ce qui les arrange, a horreur des raccourcis : échanger n’est pas confondre, et maintenir n’est pas fermer. Les exemples abondent en Bretagne qui donnent corps à ce syncrétisme obstiné et fécond : ce sont les ménestriers du Moyen-Age, dépositaires de la matière de Bretagne, s’essayant dans les cours des pays d’Oc ; ce sont les bâtisseurs de chapelles, d’églises et de calvaires traduisant le gothique en dentelles de pierres au XVIème siècle ; ce sont, plus près de nous, les peintres de Pont-Aven, Bretons ou non, exprimant les visages du pays ancien dans les couleurs et les formes d’aujourd’hui ; c’est un Carmelo de la Pinta revitalisant le cycle arthurien de ses eaux fortes gorgées de feu ou encore les écritures composites d’un Tristan Corbière ou d’un Victor Ségalen.

    La littérature contemporaine, qu’elle soit écrite en breton ou en français, suit une voie similaire. Ses meilleures pages, celles qui s’ancrent au plus profond du pays, n’ont rien des allégories lourdingues de l’exaltation nationale … même lorsqu’elles suintent des plumes des nationalistes les plus endurcis ! Un Jakez Riou au meilleur de sa forme dans son “Nevenoe-oe”, une pièce de théâtre trop peu connue du grand public, bien que s’appuyant sur une trame historique, fait plus penser à Beckett ou à Ionesco qu’à une évocation patriotique. Cette communion opiniâtre entre la terre et les hommes qu’elle nourrit et au-delà, la communion qu’entretiennent les hommes entre eux au travers des âges, retentit comme un leitmotiv, comme l’essence même d’une pensée qui rassemble, poétise, analyse et synthétise. Paol Keineg est peut-être celui qui l’a le mieux exprimé :
    “Il n’est pas de frontière entre hier et demain,
    pas plus qu’entre la vie et la mort,
    ni grosse ardoise levée, ni tremblement de ruisseau, mais un commerce large et spongieux de tous les instants, une profonde contagion des années et des siècles, (…) la libre circulation du temps par l’agitation de l’esprit, la possession du temps”.
    Ou encore, en un poème plus ancien (”Territoire de l’aube”) :
    “Je me déploie en un mouvement d’inondation,
    En un dégorgement de pluies et de rivières,
    Nous occupons la mémoire d’huile du temps”.

    On retrouve, dans un autre registre, cette même volonté de pèlerinage intemporel ou, pour mieux dire, trans-temporel, dans les oeuvres de Georges Perros ou du romancier Yves Elleouët, trop tôt disparu en 1975. “Le Livre des Rois de Bretagne”, où il exhume un héros arthurien enseveli depuis des lustres en une île improbable pour le balader dans une Bretagne d’aujourd’hui qui lui est pourtant familière, puis “Falc’hun” où il s’agit d’accompagner un colporteur saint buveur, sont deux perles rares d’une littérature où déferlent les rafales d’un sacré instinctif, iconoclaste, viscéral, à la limite de l’animisme et aux antipodes d’une Bretagne bigote :
    “C’est encore le soleil d’hiver, de la fin de l’hiver. Falc’hun a pissé et secoué son objet en direction des vagues. Un jour, il s’est manié devant la mer jusqu’à ce que sa semence jaillisse et aille se perdre, dérisoire, dans l’écume.”

    Cette filiation dans l’expression du mélange et du singulier, dans la violence confuse de la collusion des temps et des géographies, est tout aussi évidente, en moins abrupt, dans les romans de Yann Le Quintrec ou dans le baroque lumineux et sensuel de Julien Gracq. Mais plutôt que leurs oeuvres, légitimement canonisées par Paris comme emblématiques d’une littérature contemporaine en Bretagne, il leur sera préféré ici la somme immense et dense que nous ont léguée ces deux monuments jumeaux que sont ensemble Glenmor et Xavier Grall, à qui il faudra bien qu’un jour le pays livre le tribut qu’il leur doit. Ces deux-là ne se sont pas en effet contentés d’écrire en Bretagne, ou sur la Bretagne, mais avaient bel et bien l’ambition tenace, l’obsession peut-être, de l’assumer tout entière et de la faire :

    “La parole et l’écriture sont libres
    l’art n’est qu’écrin de libertés
    Ne pas écouter le raisonneur, le tuer
    Ne point tendre à la logique, rêver
    Ne pas admettre la Bretagne, la faire
    Ne point se griser, se saouler
    N’être rien plutôt que demi-mesure
    Etre froid plutôt que tiède
    … et n’être parfois que silence devant la bêtise et la prétention.”
    (Glenmor - “Stèle pour Xavier Grall”)

    Tous deux ont réveillé une ambition littéraire, encore bien poussive dans les années soixante, pour replacer l’enjeu de l’écrit au coeur du vécu. De ce sillon allait jaillir toute une génération de jeunes écrivains comme Paol Keineg, Yvon Le Men ou encore Youenn Coic et Goulven Kervella, tout à la fois poètes, prosateurs ou dramaturges. D’une certaine façon, nos deux compères, pourtant souvent restés largement méconnus de leurs contemporains, sont parvenus à instaurer une rupture décisive dans une tradition littéraire qui regardait un peu trop volontiers vers Paris. Ce n’est pas faire offense aux immenses talents d’Eugène Guillevic, Gérard Le Gouic, René-Guy Cadou ou encore Max Jacob que d’admettre que la littérature bretonne est passé en un demi-siècle d’un passage obligé par Paris à une production in situ entièrement assumée, dont les expériences des éditions Artus ou du Chasse-Marée fournissent des exemples probants. Il est d’ailleurs frappant de constater combien, d’un point de vue littéraire, la Bretagne n’a longtemps constitué qu’un cadre, une ambiance, un support souvent édulcorés, et non pas une identité culturelle. On parle volontiers de littérature allemande, française, italienne ou chinoise, mais bien moins spontanément de littérature bretonne ! Grall et Glenmor n’étaient pas forcément les écrivains les plus talentueux qu’ait porté la Bretagne, mais ils n’en demeurent pas moins ceux qui ont le mieux revendiqué et réintroduit la singularité bretonne en littérature. Qu’elle soit de langue bretonne ou française importait peu à leurs yeux, et à juste titre : il leur importait plutôt de se compter au titre des écrivains bretons. De fait, la littérature en breton n’est pas non plus restée muette, même si le contexte linguistique l’a rendue forcément plus confidentielle. Après le travail de sape entrepris au début du XXème siècle par des pionniers comme Roparz Hemon, Meavenn, Yann Sohier, Jakez Riou ou Yann-Ber Kalloc’h, des héritiers ont emboité le pas. L’oeuvre de Per-Jakez Helias tient évidemment une place considérable par sa richesse et la somme immense qu’elle représente, mais elle est un peu trop volontiers décrite comme solitaire au milieu d’un désert. Au contraire, la ténacité des maisons d’édition en langue bretonne comme Al Liamm, Skrid ou An Here, fait fleurir régulièrement de superbes jardins hélas trop secrets. Il faudrait de plus larges tribunes et de vraies traductions aux écritures splendides d’Anjela Duval, de Koulizh Kedez ou de Bernez Tangi pour dissiper l’idée reçue de l’insignifiance de la littérature contemporaine en breton.

    Enfin, ce tour d’horizon forcément partiel comporterait une grave lacune s’il n’était dit mot de l’Ecossais de Trébeurden, Kenneth White. L’enfant nomade de Glasgow réfutera sûrement le titre d’écrivain breton tant il cultive avec passion la multiplicité de ses attaches culturelles. Qu’il me permette cependant d’y faire entorse, tant l’élection de son port d’attache du moment me semble tout le contraire du hasard et contribuer au contraire à placer la Bretagne au centre de sa géopoétique. Ce concept d’écriture, qui peut se définir comme une identité itinérante de la pensée, ou comme la communauté des chemins de traverse empruntés tant par le pas de l’Homme que par son âme, nous rapproche en effet singulièrement d’un comportement culturel de réappropriation des espaces et du temps, si présent en Bretagne aujourd’hui :

    “Cette énergie qui pousse un homme à vouloir sortir des catégories existantes, à créer ce qui le dépasse afin, peut-être, de transfigurer le “trop humain” et de réanimer le temps et l’histoire” n’est curieusement pas très éloignée du portrait que dressait Glenmor d’une Bretagne toujours à faire.

  3. Laurent Javault dit :

    > Tal, merci pour la liste. Quelles spécificités voyez-vous chez les écrivains bretons ?
    > Bern Morel, merci pour cette remise en perspective extrêmement riche.

  4. Tal dit :

    Bravo pour l’intervention de Bern Morel, effectivement riche et pertinente.

    Dans une première approche, je dirais que la poésie semble dominer la prose. J’ai le sentiment qu’il y a un vrai manque au niveau du roman ou de la nouvelle, on pourrait en dire de même pour le cinéma.
    C’est donc la fiction qui semble poser problème. C’est une question à creuser.

    D’autres questions à se poser sont celles relatives aux “instances” de reconnaissance et de transmission.
    Quelles oeuvres ou quels écrivains sont transmis par le système scolaire par exemple.

  5. Alexandre dit :

    Je trouve aussi que la poésie est très présente chez les écrivains bretons. Et même quand il ne s’agit pas de poésie, le registre est largement lyrique ou épique. Les romans (aventures, historiques, policiers) sont peu représentés. Et le registre humoristique est également trop peu présent à mon goût, malgré l’humour assez naturel des Bretons.
    Mais de tels traits sont peut-être remis en cause aujourd’hui. En breton, je pense à un auteur comme Yann Gerven, qui écrit dans tous les domaines: policier, nouvelles, politique-fiction…
    Il y a également, il est vrai, Yeun ar Gov, peut-être l’un des auteurs bretons les plus drôles?
    En français, je ne saurais trop dire, mais il y a quand même le succès commercial de Jean Failler qu’on ne peut négliger.

  6. eliza dit :

    bonjour
    bravo pour le commentaire de Bern Morel
    d’accord pour le tribut dû à Glenmor et Xvier Grall.

    En poésie je rajouterai le nom de Gilles Baudry et aussi le long poème de La Galerne de

  7. eliza dit :

    bonjour
    bravo pour le commentaire de Bern Morel
    d’accord pour le tribut dû à Glenmor et Xavier Grall.

    En poésie je rajouterai le nom de Gilles Baudry et aussi le long poème de La Galerne de Keineg édité chez Oswald il y a long long longtemps;
    Xavier de Langlais peut être une exemple de science-fiction rappelez-vous L’ILE SOUS LA CLOCHE !
    à bientôt
    Eliza
    eLIZA

  8. taddik dit :

    trop vaste sujet:
    on retrouve dans la littérature bretonne tous les sujets relatant La et les conditions humaines…les écrivains sont innombrables et les bons trop nombreux pour être cités…En nommer un ,c’est partir pour la nuit dans l’évocation de ces enchanteurs , quel que soit leur domaine de prédilection, je ne voudrai pas faire de jaloux…J’ai une bibliothèque d’auteurs bretons impressionnante ” à croire qu’en dehors de la Bretagne , le monde n’existe pas”. Allez , je fais fi de tous les grands qui ont déjà été cités et que j’adore… S’il n’y avait qu’un nom aujourd’hui que je devrais citer , c’est Yann Brékilien , disparu trop tôt, après Le Quintrec et Markale… Encore là et pour logtemps , j’espère : Coatmeur JF et Hervé Jaouen…Relisez Nuit blanche d’h. Bellec…La littérature bretonne foisonne de talents : RG Cadou.Guillevic, Helias ,Grall, De la Villemarqué, JM le Clezio; X de Langlais que cite Elisa pour le roi Arthur et l’ile sous cloche; G le Menn,
    Milig ar scanv et Youn le Gwernig…
    je pense que l’industrie du livre est dans une des régions les plus florissantes…
    Pardon à tous ceux que je n’ai pas cités et qui méritent tout autant de figurer sur les listes des écrivains bretons,T Malmanche, Youn Drezen, Yann -ber Calloc’h et Pol Keineg…G Servat …Saint - Pol ROUX , Perros , Robin, Angela Duval…mais arrêtons -là… désolé pour Marie de France (lais), Chateaubriand, et Julien Grach…vous êtes trop nombreux et trop forts…

    Merci à vous , nos descripteurs et nos porte-voix,
    que l’éternité vous protège !!!

    MERCI BRAZ D’EOCH!!!!!!

  9. Venner Yann dit :

    PARUTION D’UN NOUVEAU ROMAN NOIR

    Yann VENNER publie aux éditions LE CORMORAN, distribué par COOP-BREIZH, « LUMIERE POUR LES OUBLIES », roman, 15 euros, 310 pages.

    Sombre enquête en Bretagne dans le milieu des sans-papiers. Entre la Tchétchénie, Saint-Brieuc et Lannion, que se passe-t-il dans cette Bretagne bouleversée par l’assassinat d’un écrivain haïtien, d’une directrice d’école et l’enlèvement d’un couple de Tchétchènes ?

    L’auteur remercie le Collectif de Soutien aux Personnes Sans-Papiers de Lannion, et tout particulièrement Eric Audrain et Philippe Vital (sans oublier tous les adhérents et sympathisants), sans lesquels ce roman n’aurait jamais vu le jour.
    Quand la fiction s’adosse à l’Histoire contemporaine, une certaine vérité éclaire alors notre monde.

    « La langue française actuelle est exactement comme la France de nos jours, qui ferme ses frontières, devenue peureuse, tournée sur elle-même.»

    Driss Chraïbi (1926-2007)

    POSTFACE

    « La liberté de circulation n’est pas encore reconnue comme un droit universel pour les personnes qui quittent leur pays pour des raisons économiques, politiques, climatiques ou tout simplement pour tenter leur chance ailleurs.
    Sur tous les continents, on observe ce phénomène de rejet, de racisme ou de violences qui prennent pour cible ceux qui semblent tirer parti des ouvertures internationales qu’offre la mondialisation. Les arguments sécuritaires, la transformation en bouc émissaire de ceux que l’on nomme abusivement « clandestins », les inquiétudes en matière de préservation des acquis sociaux, les enjeux identitaires, sont tous des thèmes qui alimentent les discours politiques et les imaginaires sociaux quand on aborde la question des migrations. »

    Ce roman ne tente pas de poser ces questions et d’y répondre. Il est une tentative d’écriture de l’histoire du temps présent, écriture ayant pour trame une narration fictive et pour fil rouge le dialogue interculturel.

    Loin des artifices de la littérature engagée, loin d’un « choc des cultures » - expression assénée à tort et à travers - l’auteur souhaite que le principal héros de ce livre soit le langage, rien que le langage - la langue propre d’un écrivain.

    Yann Venner
    AVRIL 2009

  10. Venner Yann dit :

    A propos de mon roman « LUMIERE POUR LES OUBLIES »

    Le Produit Régional Breton EST DEVENU UN LABEL ! AVEC UN PHARE BLEU ! (”produit en Bretagne”) un produit de consommation courante !
    Comme le Polar Régional Breton ! Comme le PRB : acronyme choisi par des économistes pour désigner un bateau de course !
    Un livre, à mon avis, n’est pas un produit de consommation, au même titre que nos matérielles nourritures terrestres.
    Un livre est autre chose qu’un produit, mais je suis un doux rêveur.

    Drôle d’image de la Bretagne ; elle n’est pas à vendre et n’a pas à être labellidée…labellisée
    Ras le bol de ces étiquettes.

    Ce roman « LUMIERE POUR LES OUBLIES » n’a rien à voir avec cela :

    1) il suffit de regarder l’image de couverture : un bronze artistique qui ne fait en rien penser à la Bretagne mais plutôt à un monde “étrange”, “étranger”, cette “inquiétante étrangeté” disait Freud.
    Nous sommes tous étrangers à nous-mêmes ( cf. Paul Ricoeur)

    2) Ce roman, dit « local », se fait l’interprète d’un drame universel où l’homme ne cesse de s’interroger sur le sens de sa révolte.
    Rattaché à la collectivité, rivé à son exigence d’autonomie, l’individu doit assumer de gré ou de force les contraintes de la vie sociale, s’exerceraient-elles contre sa liberté. L’écrivain est donc aux prises avec une double exigence : défendre son indépendance personnelle et assurer son être social, autrement dit conserver sa différence dans la conformité à la Loi. L’écrivain articule ainsi la voix de la résistance humaine s’élevant contre l’oppression et les pratiques meurtrières ou aliénantes au service des idéologies et des pouvoirs. Le récit n’y est pas réduit à la description du réel ou à l’engagement du héros en faveur d’une thèse ; il naît de cette aporie où les conflits sont inévitables et insolubles à la fois.
    Le romancier s’identifie au drame commun. Rien de typiquement breton dans tout ça.

    Bref, une lecture personnelle, mais à chacun de se mouvoir dans ce roman, cette goutte d’eau dans un océan de mots, dont il faut toujours se méfier…
    Vive le roman « tout court » et vive la Bretagne.

    Yann Venner
    venneryann@orange.fr
    0631069020