Quid des Bretonnes qui ont fait l’histoire et de toutes celles qui font aujourd’hui l’actualité ?
Derrière la figure imposante d’Anne de Bretagne, d’autres Bretonnes ont pesé, à leur façon, sur l’histoire :
Nathalie Le Mel née à Brest en 1826, d’abord libraire à Quimper avec son mari, puis relieuse à Paris, militante de l’égalité salariale entre hommes et femmes, devient membre de la Ière Internationale en 1861. La Commune arrive, Nathalie Le Mel soigne les blessés, monte en renfort sur les barricades et fait partie des derniers combattants. Condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie, elle revient huit ans plus tard à Paris comme ouvrière mais sans jamais renier ses engagements. Elle meurt à 96 ans, dans une extrême misère à l’hospice d’Ivry-sur-Seine. Une place de Paris porte aujourd’hui son nom.
Joséphine Pelacent est l’héroïne de la grande grève des 2000 sardinières de Douarnenez en 1924. Elles se battaient contre un salaire de misère et des conditions de travail trop pénibles. Première femme en France élue conseillère municipale à la mairie communiste de Douarnenez, Joséphine Pelacent est invalidée sous le prétexte que les femmes n’ont pas le droit de vote…
Connaissez-vous Marie Béranger, née à Rennes en 1865 et qui durant la Seconde guerre mondiale, à près de 80 ans, choisit d’héberger des résistants et de cacher du matériel. Elle est déportée à Ravensbrück où elles meurt, épuisée. On pourrait ici énumérer encore beaucoup d’autres Bretonnes résistantes. Et d’autres qui le furent aussi du temp de la Terreur en choisissant de cacher des prêtres réfractaires.
Citons aussi, au hasard, Anita Conti, « Bretonne d’adoption » qui dès 1953 dans son livre « Racleurs d’océan » alertait l’opinion sur le pillage des ressources halieutiques, non sans rendre hommage au courage des marins.
Aujourd’hui, d’autres Bretonnes font l’actualité :
Maryse Le Bris, éleveuse de porcs à Argol (29), créatrice de l’association « Le gîte de l’enclos » qui propose un hébergement-vacances pour adultes et enfants handicapés.
Bernadette Malgorn, haut fonctionnaire, première « préfète » de région qui siège aujourd’hui à la Cour des Comptes et à un temps pressentie à la direction de la DGSE.
Véronique Istin, entrepreneur, créatrice entre autres des bières Ar Men et des moules à cuisine Moldéo.
Solène Kermarrec, violoncelliste au prestigieux Orchestre Philharmonique de Berlin. Et beaucoup d’autres…






de gauche à droite et de haut en bas : Nathalie Le Mel, Anita Conti, Bernadette Malgorn, Solène Kermarrec, Véronique Istin, Maryse Le Bris.
- Comment voyez-vous la place des Bretonnes dans l’histoire, mais aussi dans l’époque actuelle ?
- Quel portrait feriez-vous éventuellement des femmes bretonnes ?
- Comment le grand public voit-il selon vous les Bretonnes ?